Quand la misère pousse à l’irréparable : Une jeune mère vend son bébé au Nigeria
Dans une affaire profondément choquante mais tristement révélatrice des réalités socio-économiques vécues par certaines populations marginalisées, une jeune femme nigériane prénommée Rachael, âgée de seulement 26 ans, a reconnu avoir vendu sa fille âgée de deux semaines. La transaction a eu lieu en échange de 600 000 nairas (environ 236 000 FCFA), en raison de sa situation financière désespérée.
Une décision née d’un désespoir écrasant
Rachael, déjà mère d’un garçon plus âgé, s’est retrouvée totalement seule face à l’accueil de son nouveau-né. Le père de l’enfant, a-t-elle déclaré, a catégoriquement refusé de reconnaître la paternité. La jeune femme doit aussi jongler avec des petits boulots informels, notamment des ménages et autres travaux ponctuels, pour subvenir tant bien que mal aux besoins de son foyer.
Comme elle l’admet elle-même :
« Je prenais soin de moi. J’allais chez les gens pour faire le ménage, je luttais pour survivre. »
Face à une double responsabilité parentale et sans aucune aide, ni familiale ni institutionnelle, elle a confié n’avoir plus vu d’autre issue qu’un acte que la société réprouve mais que sa réalité cruelle semblait imposer.
Un réseau de revente mis au jour
Mais ce n’est pas tout. L’affaire révèle une couche bien plus sombre : Rachael n’était qu’un maillon dans une filière clandestine de trafic d’enfants. Selon les informations communiquées par M. Bright Edafe, responsable de la communication au sein de la police de l’État du Delta, la jeune mère a été interceptée avec deux autres complices.
Les détails recueillis montrent que l’enfant a ensuite été revendu pour 4 millions de nairas (environ 1 568 000 Fcfa) à une femme de 42 ans désireuse d’adopter un enfant, pensant que la procédure était conforme à la loi. Rachael affirme avoir identifié les « parents adoptifs légaux » par l’intermédiaire d’un tiers, qui lui a donné la garantie que tout allait être officialisé.
Cependant, dans cette spirale d’intermédiaires, la vérité s’est lentement effacée, laissant place à la tromperie : Rachael n’a touché qu’une infime partie de cette somme, le reste ayant été empoché par le courtier (ou « agent »), une femme dont l’identité n’a pas encore été rendue publique.
À qui profite réellement le crime ?
Le témoignage recueilli de la femme de 42 ans, adoptante supposée, révèle un autre pan troublant de cette histoire :
« On m’a dit que le bébé était disponible à l’adoption et qu’ils avaient commencé les démarches officielles. J’ai donc payé les 4 millions. »
Ce qui souligne un point important : certaines de ces femmes sont elles-mêmes convaincues de la légalité du processus. Ce n’est pas toujours un acte de malveillance, mais parfois aussi une absence d’information et de contrôle rigoureux.
Quelques pistes de solutions
- Renforcement des programmes de soutien aux mères isolées et précaires
- Création de centres d’accueil pour femmes enceintes en détresse
- Réforme des procédures d’adoption pour les rendre plus transparentes et accessibles
- Répression accrue des courtiers non autorisés opérant en dehors du cadre légal
Parce qu’au fond, toute société qui protège ses enfants doit aussi protéger leurs mères.