SIMA 2026 : la musique africaine à Cotonou, du 7 au 14 novembre

6 Min de lecture

Le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) repart pour un tour. Après deux éditions qui ont posé les bases d’un rendez-vous incontournable, Abidjan en 2022, puis Cotonou en 2025 avec plus de 6 700 participants, le salon revient au Bénin du 7 au 14 novembre 2026 pour une troisième édition placée sous un thème ambitieux : « Musique africaine : de la scène au pouvoir d’influence ».

Et cette fois, l’enjeu n’est plus seulement de rassembler. Il s’agit de transformer.

Un salon qui change de braquet

Depuis sa création en 2022 par l’entrepreneur culturel Mamby Diomandé et le producteur-rappeur Pit Baccardi, le SIMA a grandi vite. Très vite, même. L’édition précédente avait déjà attiré plus de 3 000 professionnels du secteur, labels, managers, institutions, investisseurs, venus de tout le continent et au-delà.

Pour 2026, l’ambition change de nature. On ne parle plus seulement de visibilité ou de rayonnement culturel. On parle de monétisation, de données mesurables, d’emplois créés. Mamby Diomandé résume l’enjeu ainsi : la musique africaine est devenue une véritable force d’influence, et le défi consiste désormais à la convertir en puissance économique durable.

Ce n’est pas un slogan gratuit. L’économie créative africaine pourrait générer jusqu’à 20 millions d’emplois d’ici 2030, un chiffre qui donne le vertige et qui explique pourquoi des poids lourds comme la SACEM, Sony Music, Warner Music Africa ou encore la fondation BOAD ont choisi de soutenir l’événement.

Trois axes, une seule obsession : faire de la créativité un levier économique

Le programme 2026 s’articule autour de trois priorités clairement affichées.

1. Compétitivité et internationalisation
L’objectif : donner aux talents africains les moyens de s’exporter réellement, pas seulement de passer en playlist. On parle ici de structuration économique des carrières, de distribution, de marchés à conquérir.

2. Synergie intersectorielle
La musique seule ne suffit plus. Le SIMA veut la connecter à la mode, au cinéma, au tourisme, au sport, bref, à tout ce qui peut générer des revenus croisés. Une logique d’écosystème plutôt que de silo.

3. Politiques publiques et propriété intellectuelle
Sans cadre réglementaire solide, difficile de capter la valeur créée. Le salon veut faire émerger des recommandations concrètes sur ce terrain souvent négligé.

Le programme, jour par jour

Le SIMA 2026 s’étale sur une semaine complète, avec des temps forts bien distincts :

  • Du 7 au 11 novembre : Résidence artistique du SIMA Lab. Music : artistes et beatmakers du continent planchent ensemble sur un EP collaboratif, avec une distribution envisagée par une major internationale.
  • Les 12 et 13 novembre : Journées professionnelles et panels sur l’intelligence artificielle, les droits d’auteur, la mobilité, le financement. C’est le cœur battant du salon.
  • Un moment fort dédié au foot et à la musique : deux vecteurs d’influence majeurs du continent, avec la présence de dirigeants sportifs.
  • La scène Makaya : dédiée à la découverte, elle mettra en lumière les talents émergents du Togo, du Kenya, de Madagascar et d’ailleurs.
  • Le Prix Hamed Bakayoko : une distinction qui récompensera un mécène engagé pour les industries culturelles africaines.
  • Le 14 novembre : un circuit touristique avec Bénin Tourisme, pour prolonger l’expérience au-delà des salons de conférence.

Le Bénin, hôte de confiance

Ce n’est pas un hasard si Cotonou accueille le SIMA pour la deuxième fois consécutive. Le pays a fait des industries culturelles et créatives un axe stratégique de sa politique de développement, et l’édition 2025 avait déjà attiré plus de 7 000 participants venus de 25 pays selon les organisateurs, un signal fort que la dynamique enclenchée en 2022 à Abidjan ne s’essouffle pas, bien au contraire.

Pourquoi ça compte, même si vous n’êtes pas du milieu

On pourrait se dire que le SIMA, c’est une affaire de professionnels de la musique. Faux. Ce salon touche à quelque chose de plus large : la capacité du continent à transformer son immense capital culturel en richesse concrète, palpable, créatrice d’emplois pour la jeunesse africaine.

Prenez un jeune artiste béninois ou ivoirien qui perce sur TikTok. Aujourd’hui, cette visibilité ne se traduit pas forcément en revenus stables. Le SIMA veut justement combler ce fossé, entre l’influence culturelle, bien réelle, et la valeur économique qui devrait logiquement en découler.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

La musique africaine domine de plus en plus les charts mondiaux, les playlists, les réseaux sociaux. Mais cette influence culturelle se traduit-elle vraiment, aujourd’hui, en opportunités économiques concrètes pour les artistes et les professionnels du secteur ? Ou reste-t-on encore trop souvent dans la visibilité sans la valeur ?

Dites-nous en commentaire ce que vous en pensez.

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