Le Mali, le Niger et le Burkina Faso quittent l’OIF : Enjeux et Conséquences
Dans une décision marquante sur la scène diplomatique, les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel – le Mali, le Niger et le Burkina Faso – ont officiellement annoncé leur retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette annonce, prise de manière coordonnée, soulève plusieurs interrogations sur les motivations des trois pays et les répercussions possibles sur la coopération francophone.
Un retrait progressif mais inévitable
L’Organisation internationale de la Francophonie, qui compte actuellement 93 États et gouvernements, devra désormais se passer de la présence de ces trois nations africaines. Ce départ intervient après une série de tensions entre ces États et certains organismes internationaux, en particulier concernant la souveraineté nationale et l’ingérence extérieure.
Le Niger et le Burkina Faso avaient déjà annoncé leur intention de quitter l’organisation ces derniers mois. Le Mali est venu confirmer cette tendance par une déclaration officielle le mardi 18 mars 2025, illustrant une rupture assumée avec l’OIF.
Pourquoi ce désengagement ?
Dans une lettre adressée à l’OIF, le ministère malien des Affaires étrangères a justifié cette décision en affirmant que le Mali ne pouvait « demeurer membre d’une organisation aux agissements incompatibles avec les principes constitutionnels qui guident l’action publique ». Parmi ces principes figurent :
- La défense de la souveraineté nationale, devenue une priorité face aux tensions géopolitiques croissantes.
- Le respect des choix du peuple, sans ingérence d’organismes internationaux.
- La protection des intérêts nationaux, notamment dans un contexte de transition politique complexe.
Un contexte de relations tendues
Il est important de rappeler que ces tensions ne datent pas d’hier. Dès août 2020, après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali avait été suspendu par l’OIF. Tous les programmes de coopération furent interrompus, à l’exception de ceux destinés aux populations civiles et aux initiatives pour le retour à la démocratie.
Cette suspension avait été perçue par les autorités maliennes comme une pression extérieure visant à influencer la transition politique du pays. Le Mali, suivi du Niger et du Burkina Faso, a alors amorcé un mouvement de détachement progressif face aux organisations internationales jugées contraires à leur nouvelle orientation politique.
Quelles conséquences pour ces pays et pour l’OIF ?
Le départ de ces trois nations africaines pourrait avoir des répercussions à long terme :
- Sur le plan diplomatique : une distanciation accrue avec certains États francophones et institutions occidentales.
- Sur le plan économique : des changements potentiels dans les relations commerciales et les aides financières accordées dans le cadre de la coopération francophone.
- Pour l’OIF : une perte d’influence en Afrique de l’Ouest, une région clé pour son rayonnement.