Umaro Sissoco Embaló ne rentrera pas à Bissau, du moins pas maintenant. Le mercredi 30 septembre 2026, le Haut commandement militaire a officialisé l’interdiction par le communiqué n° 07/ACM/2026. Raison invoquée : les garanties de sécurité ne sont pas réunies.
Ce que disent les militaires
- Un motif unique : la décision repose « exclusivement » sur la sécurité nationale, l’ordre public et la prévention de tout risque pour la stabilité.
- Un rappel : les manifestations et rassemblements politiques restent interdits pendant la transition. Les contrevenants s’exposent à des sanctions.
- Un appel : les militaires demandent calme et coopération à la population et à la communauté internationale.
Pourquoi ce retour fait peur
Pour comprendre, il faut remonter un an en arrière. Le 26 novembre 2025, des officiers ont arrêté Embaló et pris le contrôle du pays, à la veille de la proclamation des résultats de la présidentielle. Le général Horta N’Tam a été investi président de la transition, et Embaló a été exfiltré vers Dakar dans un avion affrété par le Sénégal.
Le scrutin lui-même était déjà explosif : Embaló et son rival Fernando Dias revendiquaient tous deux la victoire. Dias a même qualifié le coup d’État de « mise en scène » destinée à fausser le résultat. Dans ce climat, le retour de l’ancien chef de l’État peut enflammer le pays, quels que soient ses intentions et son camp.
Où en est la transition ?
- Un calendrier : le décret n° 02/2026 fixe la présidentielle et les législatives au 6 décembre 2026.
- Une règle : la charte de transition interdit au général Horta N’Tam de se présenter.
- Une pression régionale : la CEDEAO exige la libération des prisonniers politiques et menace de sanctions ciblées contre toute entrave.
- Des doutes : des voix dénoncent un calendrier électoral sans véritable concertation et la marginalisation de l’opposition.
À deux mois du vote, la mesure contre Embaló s’ajoute donc à un contexte déjà très tendu.

