Laurent Gbagbo écarté de la présidentielle ivoirienne de 2025 : une exclusion contestée
Une absence remarquée sur la liste électorale
La route vers un retour au pouvoir pour Laurent Gbagbo semble se refermer à mesure que l’élection présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire approche. Le lundi 17 mars 2025, la Commission Électorale Indépendante (CEI) a publié la liste électorale provisoire, un document clé qui détermine qui pourra voter – et surtout, qui pourra être candidat.
Sur cette liste de plus de huit millions d’électeurs, un nom manque particulièrement : celui de l’ancien président Laurent Gbagbo. Son absence n’est cependant pas une surprise. Il a en effet été privé de ses droits civiques en raison d’une condamnation judiciaire, ce qui compromet sérieusement toute ambition présidentielle.
Une sanction judiciaire aux conséquences politiques
La radiation de Laurent Gbagbo découle directement de sa condamnation par contumace à vingt ans de prison dans le cadre du dossier dit du « braquage de la BCEAO ». Cette affaire, qui remonte à la crise post-électorale de 2010-2011, l’accuse d’avoir orchestré le pillage de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Bien que Laurent Gbagbo ait été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) des charges de crimes contre l’humanité, cette condamnation en Côte d’Ivoire demeure juridiquement contraignante pour lui.
La conséquence directe de cette sanction est son impossibilité d’exercer ses droits civiques : il ne pourra ni voter ni se présenter à l’élection présidentielle de 2025.
Une candidature symbolique et une bataille judiciaire
Malgré cette exclusion juridique, le Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), fondé par Laurent Gbagbo, l’a officiellement désigné en mai 2024 comme son candidat pour l’élection présidentielle.
Le mardi 18 mars 2025, la formation politique de l’ancien président a réitéré ses revendications en exigeant son inscription sur la liste électorale. Cependant, compte tenu des précédents, cette demande a peu de chances d’aboutir. Déjà en 2023, malgré les tentatives répétées de son camp, il n’avait pas été réintégré.
Des figures politiques influentes également écartées
Laurent Gbagbo n’est pas le seul acteur politique majeur à être privé de ses droits civiques. D’autres ex-dirigeants ivoiriens connaissent un sort similaire :
- Guillaume Soro, ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale, absent de la liste électorale en raison de sa condamnation en Côte d’Ivoire.
- Charles Blé Goudé, ex-ministre de la Jeunesse et figure influente du mouvement des jeunes patriotes, également exclu des élections après une décision de justice.
Ces exclusions traduisent les tensions persistantes au sein de la scène politique ivoirienne, où les décisions judiciaires ont des répercussions directes sur les ambitions électorales de figures majeures.