Le VIH désormais traité comme le paludisme grâce aux avancées médicales – Entretien avec le Pr Tih Pius

Grâce⁣ à une⁣ amélioration des options de traitement et à une communication efficace qui a ⁣contribué‌ à dissiper les mythes sur‌ le ⁢VIH, ⁤la⁣ condition n’est ‍plus différente des maladies telles que le paludisme, affirme le professeur ⁤Tih Pius, ⁢directeur des services de ⁢santé de ‍la ​Convention baptiste⁤ du Cameroun (CBC).

“Il y a eu beaucoup de changements observés ‍dans la façon dont le stigmate⁣ a diminué. Beaucoup de personnes peuvent maintenant ‍parler⁢ librement du VIH et‍ beaucoup de personnes peuvent se ⁢faire tester dans les hôpitaux grâce à de nombreuses campagnes communautaires. Nous avons ​énormément sensibilisé les gens -⁣ il y a désormais un traitement disponible‍ et ⁤le VIH est ‍plus ou moins comme⁤ le paludisme ‍qui est dominant ⁢au Cameroun et dans la plupart ‍des ⁣pays africains”, a déclaré cet expert‌ en ​santé publique à un journaliste de‍ la BBC jeudi.

Le professeur Tih a ensuite expliqué que le ⁤Cameroun avait parcouru un ⁣long ⁢chemin ⁤depuis les années ⁣1980 et 1990,‌ lorsque l’épidémie ⁢de VIH était à son apogée et⁢ que de nombreuses personnes perdaient la vie⁣ en raison⁢ de la méconnaissance de la condition et d’options de traitement limitées à⁤ l’époque.

Il⁤ a expliqué que ceux ⁤qui‌ vivent avec la condition ⁣et qui suivent leur traitement mènent une vie normale, se marient même ⁢avec des personnes‌ non infectées et ont des enfants qui⁣ ne sont pas non ‌plus infectés, grâce à un modèle efficace de prévention de la transmission mère-enfant⁢ (PTME)​ qu’il a ⁣contribué à mettre en place en tant‌ que directeur des ⁤services de santé de la CBC.

Néanmoins, il ‌souligne qu’il reste encore des défis à ⁢relever :

“Nous ⁤avons parcouru un long chemin dans la lutte contre la pandémie de ‌VIH, mais nous n’avons⁤ pas encore atteint le contrôle épidémique”, a-t-il déclaré.

“Nous sommes encore loin du contrôle épidémique et c’est pourquoi ⁢nous devons travailler extrêmement dur ‌pour identifier les cas et⁢ je ‌veux ‌donc ​conseiller ‌aux professionnels​ de la santé et ⁣aux ⁤décideurs de ⁣continuer ⁤à tester pour identifier de nouvelles ​infections et de veiller à ce que⁣ les‌ ARV soient disponibles afin ⁢que toute personne testée positive puisse⁢ recevoir un⁢ traitement et que celui-ci soit⁣ poursuivi jusqu’à ce que nous atteignions la ​suppression ​virale”,⁤ a-t-il ajouté.

Le ‌1er décembre de cette année (comme chaque‍ année depuis ‍1988), a été‌ observé comme la Journée mondiale de lutte contre le SIDA,⁣ une‍ journée dédiée à sensibiliser sur le VIH et le SIDA et encourager les‍ tests pour ceux qui⁢ ne connaissent ⁤pas leur statut, ainsi que la mise en​ place d’un traitement pour ceux qui sont dépistés positifs.

Selon l’Enquête nationale​ sur l’impact du VIH au Cameroun (CAMPHIA), il y a actuellement un demi-million de personnes⁢ vivant avec le VIH au Cameroun ‍en avril 2021,⁣ le nombre d’infections​ ayant régulièrement diminué grâce à une communication efficace⁢ et à⁣ des changements d’attitude comme ⁢mentionné ⁤précédemment par le ​professeur ⁢Tih.