La BEAC réduit ses taux d’intérêt : première baisse en 2 ans

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Politique Monétaire de la BEAC : Assouplissement et Perspectives Économiques

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) s’est réuni le lundi 24 mars à Malabo. Pour la première fois depuis plus de deux ans, la Banque Centrale a décidé de réduire ses principaux taux d’intérêt. Cette initiative vise à soutenir la reprise économique des États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), dans un contexte de ralentissement de l’inflation.

Un Assouplissement des Conditions Monétaires

Lors de cette réunion, la BEAC a annoncé plusieurs révisions de ses taux directeurs :

  • Le taux d’intérêt sur les appels d’offres est abaissé de 5 % à 4,5 %, ce qui représente une baisse de 0,5 point de pourcentage.
  • Le taux d’assouplissement du crédit marginal passe de 6,75 % à 6 %.
  • En revanche, la facilité de dépôt reste inchangée à 0 %.
  • Les coefficients de réserves obligatoires demeurent à 7 % pour les dépôts à vue et à 4,5 % pour les dépôts à terme.

Ces décisions traduisent un relâchement des conditions monétaires pour stimuler l’économie régionale. En d’autres termes, elles facilitent l’accès au crédit pour les entreprises et particuliers, favorisant ainsi l’activité économique.

Un Risque de Retour de l’Inflation ?

Bien que la décision d’assouplissement soit accueillie favorablement, certains économistes expriment des inquiétudes. Un accès plus facile au crédit pourrait entraîner une hausse de la consommation et, par conséquent, raviver les pressions inflationnistes.

Cependant, le gouverneur de la BEAC se veut rassurant : « L’inflation dans notre zone n’est pas d’origine monétaire, mais importée. Nous avons analysé la situation et nous savons que la principale vulnérabilité réside dans la forte dépendance aux importations. »

Cela souligne une problématique structurelle : les économies des pays membres de la CEMAC sont fortement dépendantes des produits étrangers, ce qui les rend sensibles aux fluctuations des prix internationaux.

Les Défis Persistants pour les Économies de la CEMAC

Malgré une dynamique encourageante, plusieurs obstacles subsistent :

  • Une forte dépendance aux revenus pétroliers, exposant la région aux fluctuations des prix du brut.
  • Un manque de diversification économique, aggravant la vulnérabilité face aux chocs extérieurs.
  • Des déséquilibres budgétaires persistants dans certains États membres.

Ainsi, la BEAC exhorte les gouvernements à accélérer les réformes structurelles visant à :

  • Stimuler l’industrialisation locale.
  • Réduire la dépendance aux importations.
  • Développer des sources de croissance alternatives au secteur pétrolier.

 

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