Niger : Le Général Tiani Dissout Tous les Partis Politiques

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Dissolution des partis politiques au Niger : Une transformation radicale du cadre institutionnel

Le Niger entre dans une nouvelle ère politique. Le 26 mars 2025, le général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la transition, a signé une ordonnance officialisant la dissolution de tous les partis politiques existants.

📜 Une décision sur fond de transition politique

Cette mesure intervient dans le cadre des assises nationales de la refondation, tenues quelques semaines plus tôt. Ces assises visaient à redéfinir les piliers institutionnels du pays, à la suite du coup d’État militaire de juillet 2023, qui a écarté du pouvoir l’ancien président Mohamed Bazoum élu démocratiquement.

La dissolution des partis est fondée sur la Charte de la refondation, un document fondateur adopté par les autorités de transition. Celle-ci sert de guide doctrinal pour restructurer l’ensemble du système politique nigérien.

⚖️ Que contient exactement cette ordonnance ?

L’ordonnance précise que :

  • Les partis politiques existants sont dissous « jusqu’à nouvel ordre ».
  • Un arrêté d’application sera pris ultérieurement par le ministère de l’Intérieur, pour en définir les nouvelles modalités pratiques (création de nouveaux partis ? Règlements transitoires ?).
  • Toute disposition antérieure en contradiction avec cette mesure est désormais abrogée.

Cette manœuvre s’inscrit dans une vision de « reset », ou remise à plat du modèle démocratique au profit d’un système qu’on suppose plus contrôlé par les autorités actuelles.

👤 Qui est le général Abdourahamane Tiani ?

Étonnamment peu connu du grand public international avant juillet 2023, le général Tiani est désormais une figure incontournable du Sahel. Il a été promu général d’armée récemment. Suite à sa prise de pouvoir, il a suspendu la Constitution de 2010 et instauré le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), l’organe de transition.

Depuis son accession au pouvoir, il affirme vouloir restaurer la souveraineté du pays et refonder ses fondements institutionnels, souvent accusés d’être inféodés aux puissances extérieures, notamment la France.

🌍 Le contexte régional : AES et rupture avec la CEDEAO

Le Niger n’évolue pas en vase clos. Avec ses voisins le Burkina Faso et le Mali également dirigés par des juntes militaires, il a fondé l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération alternatif à la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest), d’où ces trois pays se sont officiellement retirés fin janvier 2025.

Cette décision collective reflète un désir d’autodétermination face aux sanctions, pressions diplomatiques et critiques émanant de la communauté internationale. Le mot d’ordre dans cette alliance semble être : souveraineté d’abord.

🔮 Et maintenant ? Vers une redéfinition totale du politique au Niger

Plus qu’un coup de balai administratif, cette mesure peut être interprétée comme une tentative de refondation complète des règles du jeu, un pari audacieux, voire risqué, tant sur le plan intérieur qu’international.

Le ministre de l’Intérieur sera donc scruté dans les prochaines semaines pour voir comment cette réorganisation prendra forme concrètement. Une chose est claire : le Niger actuel cherche à sortir des sentiers battus, pour écrire une nouvelle page de son Histoire politique…

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