Mal pendant les rapports : Les causes que les femmes ignorent souvent

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Comprendre la douleur pendant les rapports sexuels : une perspective complète sur la dyspareunie

Le sujet de la douleur ressentie pendant les rapports sexuels, un phénomène souvent tu par gêne ou tabou, mérite une attention bienveillante et éclairée. Appelée dyspareunie dans le langage médical, cette douleur peut survenir chez les femmes à divers stades de leur vie et peut être déclenchée par une myriade de facteurs, tant physiques que psychologiques.

Décryptons ensemble les différentes origines de cette douleur, et surtout, explorons les solutions concrètes à disposition des femmes concernées.

📌 Qu’est-ce que la dyspareunie ?

La dyspareunie désigne une douleur ressentie pendant ou après un rapport sexuel. Ce terme englobe un large éventail de sensations inconfortables pouvant aller de picotements passagers à une douleur aigüe et persistante. Le malaise peut être superficiel (localisé à l’entrée du vagin), profond (ressenti dans le bas-ventre durant la pénétration) ou généralisé.

🔍 Les principales causes physiques de la dyspareunie

Bien souvent, plusieurs phénomènes corporels subtils ou évidents peuvent être à l’origine des douleurs.

  • Lubrification insuffisante : un manque de lubrification vulvovaginale est l’un des déclencheurs les plus répandus. Le corps peut produire moins de lubrifiant naturel en fonction des fluctuations hormonales (notamment à la ménopause), mais aussi à cause de certains médicaments (comme les antidépresseurs) ou d’un manque de préliminaires.
  • Infections vaginales : candidose (infection à levures), vaginose bactérienne, infections urinaires ou IST (infections sexuellement transmissibles) peuvent inflammer les tissus vaginaux, augmentant leur sensibilité.
  • Lésion ou traumatisme : une cicatrice suite à une épisiotomie, une césarienne, une chirurgie pelvienne ou même l’utilisation de certains dispositifs contraceptifs (comme les diaphragmes) peut rendre les rapports inconfortables.
  • Pathologies spécifiques :
    Vaginisme : contraction involontaire des muscles du vagin, souvent liée à une peur de la douleur ou à des traumatismes anciens.
    Vulvodynie : douleur persistante et mal expliquée de la vulve durant plus de 3 mois, souvent décrite comme une brûlure ou un picotement sévère.
    Endométriose : une maladie dans laquelle un tissu similaire à celui de la muqueuse utérine se développe en dehors de l’utérus. Elle provoque souvent des douleurs profondes pendant les rapports.
  • Maladie inflammatoire pelvienne (MIP) : une infection complexe pouvant affecter l’utérus, les trompes de Fallope ou les ovaires, généralement liée à une IST non traitée.
  • Changements hormonaux : la chute d’œstrogènes suite à l’accouchement, à l’allaitement ou à la ménopause réduit la souplesse des tissus vaginaux, les rendant plus secs et moins élastiques.

🧠 Quand le mental fait mal au corps : causes psychologiques

Aucun ressenti n’est purement corporel. Le mental, le vécu et l’émotion constituent un terreau parfois invisible mais essentiel dans la survenue de douleurs sexuelles.

  • Stress, angoisse et anticipations négatives : certaines femmes craignent d’avoir mal avant même l’acte. Ce stress psychologique provoque un resserrement des muscles pelviens, ce qui rend la pénétration plus difficile et douloureuse. C’est un vrai cercle vicieux.
  • Antécédents d’abus ou de violences sexuelles : le corps « se souvient » de ces traumatismes. Une mémoire corporelle inconsciente peut déclencher une crispation douloureuse dès la proximité sexuelle.
  • Relations de couple tendues : lorsqu’un climat de tension, de conflits ou de sentiment d’insécurité règne dans le couple, cela peut influencer la capacité à se détendre sexuellement.

🍼 Grossesse, accouchement et post-partum : une période de transition

Certains changements corporels liés à la maternité peuvent marquer durablement la sexualité.

  • Épisiotomie ou déchirure périnéale : les cicatrices peuvent rester sensibles pendant plusieurs mois.
  • Changement des hormones d’allaitement : la production de prolactine réduit les œstrogènes, ce qui peut engendrer une sécheresse vaginale.
  • Image corporelle altérée : certaines femmes ont du mal à se reconnecter à leur féminité après l’accouchement, ce qui affecte la lubrification et l’excitation.

🧬 Style de vie et habitudes quotidiennes : l’impact insoupçonné

Plus discrètes mais significatives, certaines pratiques du quotidien peuvent jouer sur la santé sexuelle :

  • Tabac : il réduit la circulation sanguine, notamment vers la zone pelvienne, diminuant ainsi la lubrification vaginale.
  • Sédentarité : des muscles pelviens peu sollicités perdent en tonicité, ce qui complique les sensations sexuelles.
  • Alimentation déséquilibrée : la flore vaginale peut être affectée, accroissant le risque d’infections ou de mycoses.

🛠️ Quelles solutions pour soulager et traiter la douleur ?

Bonne nouvelle : des solutions existent ! Le traitement de la dyspareunie dépend avant tout de sa cause. Voici quelques pistes :

  • Lubrifiants hydrosolubles : souvent un premier recours, surtout en cas de sécheresse vaginale passagère.
  • Oestrogènes locaux (vaginaux) : pour les femmes ménopausées, ils restaurent la lubrification et améliorent l’élasticité des tissus.
  • Kinésithérapie périnéale : elle aide particulièrement dans les cas de vaginisme ou de muscles pelviens contractés.
  • Thérapie sexuelle ou psychologique : essentielle pour travailler sur les blocages émotionnels et reconstruire une sexualité apaisée.
  • Communication avec le partenaire : parler ouvertement de la douleur évite les malentendus et favorise la complicité. Une simple pause, plus de préliminaires ou adopter une autre position peuvent parfois tout changer.

La douleur pendant les rapports sexuels n’est ni rare, ni banale, ni inévitable. Elle peut être le signal d’un déséquilibre corporel ou émotionnel. À chaque situation, une réponse adaptée peut exister. Personne ne devrait s’habituer à souffrir en silence.

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez vit cette réalité, encourager une consultation médicale ou thérapeutique est un premier pas vers le mieux-être.

Parler de sexualité, c’est aussi parler de liberté, de santé et de dignité. Ne gardons pas le silence. Mettons les mots sur les maux.

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