Kribi respire après la chute d’un gang redouté

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Ces derniers mois, un vent de peur planait sur les localités de la SOCAPALM et de HEVECAM. Des cambriolages inexpliqués, des disparitions inquiétantes, des rumeurs de meurtres. Bref, un climat lourd, presque étouffant. Mais cette page semble enfin se tourner : plusieurs membres d’un gang particulièrement violent ont été arrêtés à la suite d’une opération de la gendarmerie de Kribi, menée le 17 mars 2026.

Une traque méthodique, presque cinématographique

Tout a commencé il y a quelques semaines, lorsque les enquêteurs ont commencé à relier plusieurs faits divers épars : des motos volées et surtout, des meurtres commis avec une brutalité inouïe. Sous la houlette du commandant Dassi Modeste, la gendarmerie a patiemment tissé sa toile. Les indices ont mené à un nom inquiétant : CAT Thomas Jude, alias « Mère Poule » ou « Chacal ». Un pseudonyme qui en dit long sur sa réputation.

C’est à Fifinda que sa cavale s’est achevée. Ironie du sort, il a été appréhendé sur la moto d’une de ses victimes, un détail qui n’a échappé à personne. Et à partir de là, tout s’est enchaîné : perquisitions, arrestations en série, aveux fragmentaires… Une véritable opération coup de filet.

Un réseau de complices bien organisé

Autour de Mère Poule gravitait une petite constellation de personnages tout aussi inquiétants. Il y a par exemple NDONG Edwine Samuel, soupçonné d’avoir acheté et revendu des motos volées. Puis Wawa, un membre de comité de vigilance, ironie cruelle, déjà connu des autorités pour plusieurs affaires de vol. Et enfin, Edande Garlis Mbatcha, surnommé « Nkul Back », suspecté d’avoir fourni du chanvre indien au chef du gang, la nuit même où Mme Sadjo Martine a été tuée.

D’après les premiers éléments, ce groupe s’était constitué autour de petits trafics, avant de basculer dans une spirale de violence incontrôlable. Les enquêteurs évoquent un mélange explosif de cupidité, de rancune et de drogue, un cocktail fatal, littéralement.

Des crimes qui ont marqué à jamais la région

Leurs victimes portent des noms que Kribi n’oubliera pas de sitôt : Mme Sadjo Martine, assassinée le 1er février 2026 ; Zeh Eyamo (18 ans) et Anonina Deli, deux lycéens innocents ; et Wamba Simplice, 25 ans, retrouvé égorgé dans son champ. Autant d’histoires tragiques qui ont secoué une population déjà fragilisée par les difficultés économiques de la région.

Dans les villages de la SOCAPALM, certains parlent encore à voix basse des nuits où personne n’osait plus sortir.

Un soulagement, mais la peur reste là

Aujourd’hui, c’est le soulagement qui domine. Les habitants de Kribi saluent le professionnalisme des forces de l’ordre et espèrent que la justice fera son œuvre rapidement. Les suspects, désormais entre les mains du parquet, devraient être placés en détention provisoire à la prison centrale de Kribi, en attendant la suite du procès. Mais la confiance prendra du temps à revenir. On le sent dans les voix, dans les gestes encore méfiants des commerçants à la tombée du jour.

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