Une figure majeure du Cameroun s’éteint
Le Cameroun est en deuil. Marcel Niat Njifenji, personnalité incontournable de la scène politique nationale, est décédé le 11 avril 2026 à Yaoundé, à l’âge de 92 ans. Selon plusieurs sources concordantes, dont le quotidien public Cameroon Tribune, il s’est éteint au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé, où il recevait des soins depuis un certain temps.
Sa disparition survient dans un contexte particulier, presque symbolique, quelques jours seulement après avoir quitté la présidence du Sénat, une institution qu’il incarnait depuis sa création en 2013. Une sorte de fin de chapitre… ou plutôt d’ère.
Une transition récente, presque précipitée
Affaibli par des ennuis de santé persistants (et visiblement aggravés ces derniers mois), Marcel Niat Njifenji avait récemment passé le relais à Aboubakary Abdoulaye, élu le 17 mars 2026 à l’issue d’une réunion stratégique du RDPC.
Dans une déclaration officielle, son successeur a exprimé une émotion palpable :
« En cette circonstance particulièrement douloureuse, le président du Sénat, les membres du Bureau et l’ensemble du personnel adressent leurs sincères condoléances à la famille du défunt. »
Une réaction attendue, certes, mais qui traduit aussi l’importance quasi institutionnelle de l’homme disparu.
Des débuts techniques… à l’ombre des grands chantiers
Né à Bangangté, dans l’Ouest du Cameroun, Marcel Niat Njifenji ne se destinait pas forcément à une carrière politique. Son parcours débute dans un registre beaucoup plus technique, presque austère diront certains.
- Licence en sciences physiques et mathématiques
- Diplôme d’ingénieur des ponts et chaussées
Dans les années 1960, il participe activement aux grands projets d’infrastructure du pays, notamment autour du barrage d’Édéa III. Pour simplifier, il faisait partie de ces ingénieurs qui ont littéralement “posé les bases” du Cameroun moderne.
Un architecte du secteur énergétique
Son nom reste profondément lié à la structuration du secteur électrique camerounais. Il joue un rôle central dans la création de la Société nationale d’électricité (Sonel), née de la fusion de plusieurs entités :
- Enelcam
- EDC
- Powercam
À la tête de cette entreprise publique pendant plus de 20 ans cumulés (1974–1984 puis 1989–2001), il supervise l’expansion du réseau électrique national.
Pour donner une idée simple : sans cette extension, de nombreuses régions seraient restées dans une quasi-obscurité énergétique. C’est un peu comme construire une autoroute invisible, celle de l’électricité reliant villes et campagnes.
Cependant, la période se termine avec la privatisation du secteur en 2001, marquée par l’arrivée du groupe AES. Une transition qui n’a pas été sans controverses… mais ça, c’est une autre histoire.
Une ascension politique progressive
Fort de son expérience de gestionnaire (et probablement d’un réseau bien étoffé), Marcel Niat Njifenji accède ensuite à des fonctions gouvernementales de premier plan :
- Ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire (1990–1991)
- Vice-Premier ministre chargé des Mines, de l’Eau et de l’Énergie (1992)
Il choisit ensuite de s’ancrer localement en devenant maire de Bangangté entre 2002 et 2007. Une fonction parfois sous-estimée, mais essentielle pour comprendre les réalités du terrain.
Il sera remplacé par Célestine Ketcha Courtès, aujourd’hui ministre de l’Habitat et du Développement urbain.
Le premier président du Sénat : une position historique
En 2013, lors de la création du Sénat camerounais, Marcel Niat Njifenji est choisi pour en devenir le tout premier président. Un choix loin d’être anodin : il fallait une figure expérimentée, consensuelle… presque institutionnelle.
Il occupera ce poste pendant plus d’une décennie, jusqu’en mars 2026. Une longévité qui témoigne, malgré tout, de sa capacité à naviguer dans un environnement politique complexe parfois opaque, il faut le dire.
Une disparition, mais aussi un héritage
La mort de Marcel Niat Njifenji marque bien plus que la disparition d’un homme. Elle symbolise la fin d’une génération de bâtisseurs, ceux qui ont contribué, parfois dans l’ombre, à structurer l’État camerounais moderne.
Son parcours, oscillant entre technicité rigoureuse et engagement politique, illustre une trajectoire peu commune. Et même si certaines zones restent floues (comme souvent en politique…), son empreinte, elle, est indéniable.
En somme, un homme discret… mais fondamental. Et ça, ce n’est pas rien.

