Une nouvelle attaque meurtrière frappe l’Extrême-Nord du Cameroun. Dans la nuit du 16 au 17 septembre 2026, des hommes armés ont fait irruption dans le village de Madegoua, près de Makary, faisant au moins 15 morts parmi les civils.
Le déroulement des faits
Selon les témoignages recueillis par Reuters auprès d’une autorité administrative locale et d’un membre d’un comité de vigilance, l’attaque a débuté vers 2 heures du matin. Les assaillants ont fait irruption dans les habitations, extrait plusieurs hommes de force, les ont ligotés, puis les ont exécutés.
Le bilan a évolué au fil des heures :
- 13 personnes tuées sur le coup,
- 2 blessés supplémentaires décédés par la suite à l’hôpital de Makary,
- Un bilan porté à 15 morts au total.
D’autres sources locales font également état de personnes enlevées et de blessés évacués vers des structures de santé environnantes, sans qu’un bilan définitif et consolidé n’ait encore été communiqué.
Qui est responsable ?
Aucun groupe n’a revendiqué l’attaque dans l’immédiat. Deux pistes circulent :
- Boko Haram, actif dans la région depuis plusieurs années, est cité par plusieurs sources locales,
- L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), scission de Boko Haram, est évoqué par un analyste sécuritaire interrogé par Reuters.
Une explication complémentaire a émergé localement : le maire de Makary a évoqué l’hypothèse de représailles, à la suite d’une opération de sécurité antérieure qui avait permis l’interpellation d’un présumé ravitailleur du groupe armé et la saisie d’un important stock de munitions. Cette piste n’a toutefois pas été confirmée officiellement.
Une région habituée à la violence, un village frappé pour la première fois
Madegoua se situe dans le département du Logone-et-Chari, à la frontière du Nigeria et à proximité du Tchad, une zone du bassin du lac Tchad régulièrement touchée par les incursions de groupes jihadistes depuis plus d’une décennie.
Ce qui frappe ici, selon des responsables municipaux, c’est que Madegoua n’avait jusqu’ici jamais été la cible d’une attaque de cette ampleur. Les autorités administratives, militaires et politiques se sont rendues sur place dans la foulée, et des renforts de sécurité ont été déployés pour rechercher les personnes disparues.
La lutte contre ces groupes armés mobilise depuis des années l’armée camerounaise, en coordination avec la Force multinationale mixte regroupant plusieurs pays riverains du lac Tchad. Malgré ce dispositif, les attaques contre les civils continuent de se produire.
