Sarah Khalifa condamnée à mort en Égypte pour trafic de drogue

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De présentatrice star à condamnée à mort : le vertige de Sarah Khalifa

Il y a encore quelques mois, elle animait une émission suivie par des millions d’Égyptiens et cumulait plusieurs millions d’abonnés sur Instagram. Aujourd’hui, Sarah Khalifa, 39 ans, attend le verdict de son appel avec, au-dessus de sa tête, la sentence la plus lourde qui soit : la peine capitale.

Un tribunal criminel du Caire a condamné la présentatrice, ainsi que onze autres accusés, à la pendaison pour trafic de drogue. Un basculement brutal qui secoue autant les tabloïds people que les rubriques judiciaires du pays.

Que lui reproche exactement la justice égyptienne ?

Selon le quotidien d’État Al-Ahram, Sarah Khalifa faisait partie d’un réseau criminel organisé spécialisé dans l’importation de matières premières destinées à la fabrication de drogues de synthèse, dans le but de les revendre. Le groupe est également accusé de détention illégale d’armes à feu et de munitions.

Quelques chiffres pour prendre la mesure de l’affaire :

  • 28 accusés au total dans ce dossier tentaculaire.
  • Plus de 750 kg de stupéfiants saisis par les autorités, ainsi que des matières premières importées.
  • 12 condamnations à mort, dont celle de Khalifa.
  • 9 peines de prison à vie.
  • 7 acquittements.

Un dossier à charge bâti sur les dépositions d’une vingtaine de témoins, complétées par des preuves électroniques, enregistrements de conversations et vidéos, toujours selon la presse d’État égyptienne.

Qui est Sarah Khalifa ?

Avant cette affaire, le nom de Sarah Khalifa évoquait surtout la télévision. Elle animait « Mission Impossible », une émission consacrée aux questions de sécurité et de criminalité, une ironie qui n’a pas échappé aux internautes égyptiens. Businesswoman touche-à-tout, elle dirigeait en parallèle une clinique de chirurgie esthétique et une société d’organisation d’événements, tout en cultivant une forte présence sur les réseaux sociaux.

Elle avait été arrêtée en avril 2025 dans le cadre de cette enquête. Plusieurs médias rapportent également qu’elle a été condamnée séparément, le même jour, dans une autre affaire distincte impliquant un de ses employés.

Elle clame son innocence

Sarah Khalifa a nié en bloc les accusations portées contre elle. Interrogée par le juge sur son rôle présumé, elle aurait affirmé n’avoir jamais vu la drogue en question avant d’être photographiée à ses côtés dans les locaux de l’agence des stupéfiants, selon le journal Akhbar al-Youm.

Face au tribunal, la présentatrice se serait effondrée, implorant la clémence de la cour et rappelant l’éducation reçue de ses parents, selon plusieurs médias égyptiens.

Son avocat a été formel : Sarah Khalifa fera appel de la condamnation à mort. Le verdict, en l’état, n’est donc pas définitif.

Pourquoi le jugement a-t-il mis un mois à être confirmé ?

Voilà un détail de procédure qui surprend souvent les lecteurs non-initiés au droit égyptien. Le verdict avait été annoncé dès le mois dernier, mais sa confirmation officielle a nécessité un délai supplémentaire d’un mois.

La raison ? La justice égyptienne doit obligatoirement recueillir l’avis religieux du Grand Mufti d’Égypte avant de valider toute condamnation à mort. Il ne s’agit pas d’un droit de veto, le mufti ne peut pas annuler la sentence, mais d’une formalité légale incontournable dans ce type de dossier.

Le contexte : l’Égypte, un recours fréquent à la peine capitale

Cette affaire remet sous les projecteurs un sujet que l’Égypte préfère souvent taire : son usage massif de la peine de mort. Le pays l’applique notamment pour le trafic de drogue, le terrorisme et l’assassinat prémédité.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement cette pratique, rappelant que le droit international restreint en principe la peine capitale aux crimes les plus graves, impliquant une intention de tuer, ce qui n’est pas le cas du trafic de stupéfiants.

Et vous, qu’en pensez-vous ? La peine de mort vous semble-t-elle une réponse justifiée face au trafic de drogue, ou son application vous paraît-elle disproportionnée dans cette affaire ? Donnez votre avis en commentaire.

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